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Belgofolies 2021 : La culture en résilience

©j.vanbelle - WBI Charles Gardier et Jean Stephens à l'ouverture des Belgofolies de Spa 2021
©j.vanbelle - WBI Charles Gardier et Jean Stephens à l'ouverture des Belgofolies de Spa 2021

Au regard des difficultés rencontrées, le maintien des Belgofolies de Spa est déjà un exploit. Aux dires des artistes croisés, c’est bien plus encore la chance de renouer avec la scène, le live et plus important encore, le partage avec le public.

La Covid avait déjà transformé les Francofolies en « Belgofolies » à cause des difficultés rencontrées pour accueillir les artistes étrangers. Les conditions sanitaires avaient également contraint les organisateurs à faire preuve de créativité pour rendre les concerts possibles tout en apportant toutes les garanties de santé requises par les autorités.

Mais lorsque les inondations ont pris d’assaut la ville de Spa, peu sont ceux qui s’imaginaient que les Belgofolies puissent encore avoir lieu. Et pourtant c’est le cas ! Avec des aménagements de calendrier, des contraintes supplémentaires et surtout une soirée caritative pour que la clôture de cet événement soit aussi une manière d’aider ceux qui se sont retrouvés dans des situations désespérées. Bref, soulignons la détermination sans failles des organisateurs qui ont dû composer avec les éléments, aussi dévastateurs soient-ils.

Suivez l'événement jour après jour
JOUR 1 : Retrouvailles
Élia Rose, Doria D, Saule et Suarez avaient la mission difficile d’ouvrir le festival et d’aider un public assis dans un Casino, néanmoins accueillant, à trouver ses marques.
 

JOUR 2 : Embarquement immédiat
Après une première journée de festival qui a permis aux artistes et au public de prendre leurs marques, cette deuxième journée démarre beaucoup plus rapidement et sans hésitation. Tout le monde a mieux compris comment les choses se passent et chacun s’y retrouve.

JOUR 3 : De belles découvertes et de grands retours
Déjà notre 3eme journée de festival, toujours beaucoup de belles surprises et de rendez-vous forts attendus...

JOUR 4 : Un écrin lumineux défiant les éléments
La météo a de nouveau été peu enthousiasmante en cette quatrième journée et la soirée qui s'annonçait allait bien heureusement mettre de côté les soucis du quotidien

 

Alors bien sûr, le contexte est très particulier et il est impossible que Spa soit aussi à la fête que dans les conditions normales. Mais peu importe, la tenue des Belgofolies est une sorte de parenthèse heureuse dans des moments compliqués et il serait idiot de vouloir les comparer à quoi que ce soit d’autre qui aurait lieu dans un contexte normal. C’est aussi cela que nous allons découvrir au fil des Belgofolies, un véritable retour à l’essentiel, à l’humain et sans doute à ce qui fait l’ADN d’un festival d’exception, un échange magnifique entre un public et des artistes qui ne se sont plus retrouvés depuis bien trop longtemps.


JOUR 1 : Retrouvailles

Élia Rose, Doria D, Saule et Suarez avaient la mission difficile d’ouvrir le festival et d’aider un public assis dans un Casino, néanmoins accueillant, à trouver ses marques. 

Assis devant la scène après un protocole précis, qui permet malgré tout d’assister au concert, c’est une pétillante Elia Rose qui vient réveiller en nous ce que nous avions presque oublié ces derniers temps, la joie d’être là. Et de la joie, Élia Rose en a et en offre bien volontiers !
Son univers disco eighties et sa manière spontanée de nous prendre par la main ont rapidement fait de nous embarquer. A cet instant précis, c’est le bonheur d’être là qui se traduit sur les visages et dans les gestes qui, bien qu’encore timides au début, vont rapidement se manifester plus spontanément par la suite. Élia, c’est un peu les bulles dans le champagne pour ce premier jour, celle qui donne de la saveur à l’ouverture de la fête et qui parvient à briser la glace.
Si Élia Rose avait pour mission de nous convaincre que nous avons bien fait de venir, c’est réussi !

 

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Si vous avez suivi l’ascension de Doria D sur les réseaux sociaux et plus particulièrement autour de son premier single « Dépendance », vous aurez parfaitement compris avec quelle spontanéité elle nous livre ses émotions à travers ses textes et sa musique. Et bien, en vrai, c’est encore mieux ! C’est une première participation spadoise pour elle qui, elle nous le dira ensuite, était à la fois « émouvante et exceptionnelle ».
Poser là son univers riche en 45 minutes relevait néanmoins de la performance et le public ne s’y trompe pas, il applaudit !
 

Saule et Suarez savent ce qu’ils viennent chercher ici, car comme ils y ont déjà gouté, la sensation de manque n’en est que plus grande… Pourtant habitués à offrir leurs répertoires respectifs face aux foules, ce format plus « intime » leur a permis d’explorer autre chose.
Les retrouvailles sont rapides, tout de suite dans le vif du sujet et tant pour le public que pour les artistes, on sent le bonheur de ces instants importants dont nous avions été privés. La bonne humeur et l’émotion sont d’autant plus vives et cela fait du bien vu le contexte. Une mention particulière à Suarez qui a littéralement pris dans sa troupe une traductrice gestuelle qui s’est prêtée au jeu avec humour et talent. 

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Cette première journée se clôturait donc pour tous dans le sentiment des meilleurs jours de fête. Ces fêtes qui marquent le retour à la vie, une sorte de printemps tardif qui, bien qu’attendu trop longtemps, annonce, nous l’espérons, un retour vers des jours meilleurs.    


JOUR 2 : Embarquement immédiat

Après une première journée de festival qui a permis aux artistes et au public de prendre leurs marques, cette deuxième journée démarre beaucoup plus rapidement et sans hésitation. Tout le monde a mieux compris comment les choses se passent et chacun s’y retrouve.

Nous prenons notre premier vol avec un aérien Alex Lucas qui nous fait prendre de la hauteur. Dans un univers assez planant, il nous promène en douceur au fil d’un répertoire qui met de bonne humeur. Il accueille également sur scène deux copilotes pour nous accompagner dans sa balade vers le bleu du ciel. Son single « Fly away » est notamment interprété en duo et on sent le plaisir partagé d’être sur scène par notre personnel naviguant.

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Avec Charles, nous évoluons dans un univers plus sombre et plus rock. Dans ces nuages noirs, une voix extraordinaire ressort comme un point lumineux à suivre pour trouver son chemin. On sent un univers très personnel et assumé qui nous fait partager des expériences vécues dont ressort malgré tout un message positif et d’encouragement. Son répertoire se prête à merveille au caractère plus intime du Casino et le public apprécie.

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Pour ceux qui auraient manqué d’énergie à ce stade du voyage, pas besoin de plateau repas pour en reprendre. Aprile électrise directement la salle avec une interprétation énergique et un enthousiasme partagé par le public. Un jeu s’installe rapidement avec les spectateurs qui célèbrent avec entrain l’anniversaire de son bassiste. Du haut de ses 2 mètres, ce dernier semble particulièrement touché de cette attention spéciale et opportune. La fin de ce trio énergisant est en communion avec une assemblée qui n’a pas du tout l’air de vouloir que le voyage s’arrête ici.

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Et cela tombe assez bien, car les fans de Loïc Nottet, massés à l’extérieur depuis 7h00 du matin, ont visiblement fait le déplacement pour passer un bon moment. Le son strident des groupies fend les tympans et annonce l’arrivée de leur héros. La salle atteint sa capacité maximale et la température monte sensiblement. Dans une intro qui pose sa prestation, Loïc Nottet arrive enfin et fait littéralement exploser la scène et un public qui l’avait visiblement trop attendu.
Un Loïc perfectionniste qui s’accommode parfois peu des conditions spéciales que ces circonstances particulières induisent. Mais c’est malgré tout l’émotion et le bonheur d’être ensemble qui conclut ce voyage et à l’arrivée, tout le monde en avait visiblement bien besoin.

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Jour 3 : De belles découvertes et de grands retours

Déjà notre 3eme journée de festival, toujours beaucoup de belles surprises et de rendez-vous forts attendus...

Cette journée débute tout en "roots" avec Winter Woods qui nous emmène dans des sonorités "Bayou Folk" qui ont une tonalité toute particulière. Guitare, double basse, banjo et violon se conjuguent tout en cohérence et dans une rythmique qui ne peut que vous faire applaudir ou taper du pied. Un beau démarrage pour un public très réceptif et qui par sa participation apporte à lui seul un nouvel élément dans cette production collective d'émotions.

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Lisza revendique un métissage des musiques et l'incarne à travers un répertoire qui mélange des instruments, des styles et des genres. Rythmes latinos, afrobeat,  reggaeton ou encore bossa nova, Lisza réalise des associations qui ne coulent pas de source et pourtant... Un public attentif s'est laissé emmené dans cette balade interlope, riche et métissée et a fait vibrer l'écrin spadois.

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Avec un début tout en douceur, Lemon Straw a progressivement amené la salle à un niveau que l'on a beaucoup apprécié. Tout en bonne humeur et avec pas mal d'humour. Si pour eux sur une scène intérieure, cela paraissait étrange, un public enthousiaste les a très rapidement rassuré sur l'effet produit. Pour ces habitués du rendez-vous spadois, cela change forcément des grands espaces et de la foule... mais vu les conditions, c'est déjà un bonheur de pouvoir à nouveau créer cette magie avec le public. 

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Typh Barrow a littéralement intégré un format intimiste qui lui va de manière élégante et raffinée. Une envoûtante démonstration de bonheur partagé que nous offre ici une Typh très attendue à ce rendez-vous du soir. Une générosité qui se traduit par la mise en avant de ceux à qui elle a fait l'honneur de partager la scène. Edith et Jonas Gomez étaient en confiance pour donner le meilleur. Et cette invitation ne s'arrête pas là... C'est son public qu'elle amène à chanter et passer un incroyable moment. Aussi, une Typh Barrow qui exprimera toute sa reconnaissance pour ceux qui ont rendu cela possible malgré l'absence de ces derniers mois. Pour Typh et pour nous tous présents dans ce Casino de Spa, une soirée juste inoubliable !

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Jour 4 : Un écrin lumineux défiant les éléments

La météo a de nouveau été peu enthousiasmante en cette quatrième journée et la soirée qui s'annonçait allait bien heureusement mettre de côté les soucis du quotidien.

Une entrée en matière très énergique et rythmée de Leo Fifty Five a bien vite fait de nous mettre dans l'ambiance. La révélation RnB/Soul/Funk belge a su directement partager son enthousiasme avec une salle qui a raisonné au rythme des percussions et des applaudissements. Un duo ou duel basse/guitare a définitivement fait bouger un public qui en avait visiblement grand besoin et qui a su apprécier les évidentes qualités de cet artiste complet.

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Olive, c'est avant tout une voix formidable qui met en valeur de manière remarquable des textes bien écrits. Son engagement n'est pas simulé et bien que ce soit son premier concert sous ce nom d'artiste "Olive", on y sent déjà une ligne de force qui nous fait dire que cette nouvelle manière de se proposer au public traduit mieux la personne qui se cache derrière l'artiste.
Partie tout en douceur pour venir cueillir son public, Olive nous a aussi entrainé dans sa danse à un tempo plus élevé. Olive, un nom qui fait penser à la convivialité de l'apéro, au soleil du sud, à ce que la nature nous offre de meilleur... Un nom que l'artiste liégeoise porte à merveille !

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Malgré un album électro sorti en mai 2020 en plein confinement, Blanche nous en a proposé une version piano/voix qui était parfaitement adéquate avec le format plus intimiste que le Centre culturel de Spa lui offrait en cette année un peu particulière.
Quelques sons électros étaient encore néanmoins présents, ce qui complétait à merveille la nature aérienne et fraîche de sa prestation. L'émotion est au cœur de son inspiration et l'observation de l'humain la fascine. De l'humanité, c'est aussi de cela dont nous avions le plus besoin en ces temps orageux. Comme un rayon de soleil après la pluie, Blanche a pu donner, à un public en attente d’authenticité, l'impulsion qui donne le bonheur.

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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Démarrage en feu d'artifice pour Ykons qui commence directement en force et vient faire bouger tout une salle pourtant assise. Ce format très spécial, les 5 musiciens ne savaient pas trop ce que ça allait donner, alors ils se sont jetés dans l'aventure Belgofolies. Ils sont aussi très reconnaissants envers les organisateurs d'avoir maintenu l'événement malgré les conditions dantesques de la semaine passée et la Covid. En expérimentant de nouvelles manières d'interagir avec le public, le groupe Indy/Pop/Rock a fait vibrer une salle qui était particulièrement réceptive.
C'est sur "Sequoia trees" qu'ils ont littéralement mis le feu à un public qui a apprécié à sa juste valeur un groupe qui se donne à fond pour nous livrer un show que nous ne pensions pas possible dans les conditions que la santé nous impose. Bravo à eux !

©j.vanbelle - WBI Elia Rose
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En sortant de là, la pluie était toujours bien présente mais plutôt que de la craindre, nous l'avons prise comme un rafraichissement. Après cette soirée chaleureuse, conviviale et haute en émotion, nous étions

Dernière mise à jour
26.07.2021 - 11:18
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