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L’Ecole Nationale de Kinésithérapie et Réadaptation de Bujumbura a bientôt deux ans

La formation des kinésithérapeutes burundais se poursuit !!!

En décembre 2018, le Ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida (MSPLS) a inauguré le bâtiment de l’Ecole Nationale en Kinésithérapie et Réadaptation (ENKR), implantée au sein de l’Institut National de Santé Publique (INSP) de Bujumbura. 
La création de l’ENKR a été appuyée dans le cadre du "Programme d’Appui au Développement de la Médecine Physique et de Réadaptation (PAD-MPR)" au Burundi, exécuté en partenariat entre l’APEFE, le MSPLS et l’ONG Burundaise COPED.
Le PAD-MPR est financé par la coopération belge.
L’école est dans sa seconde année de formation. Les premiers diplômés sont prévus au début de l’année 2022.  
La première promotion compte 18 étudiants (15 hommes et seulement 3 femmes). La seconde promotion compte 21 étudiants avec cette fois une parité de genre (10H/11F). 
 
La création de l’ENKR :  fruit de 10 ans de travail aux côtés du MSPLS du Burundi, avec la DGD, WBI, l’APEFE, ENABEL, UCLouvain et le COPED
Tout commence en 2008 quand les deux premiers boursiers burundais entament leur formation à l’Ecole Supérieure de Kinésithérapie (ESK) de la Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou (créée en 2000 avec l’appui de l’APEFE, WBI et UCLouvain). En 2015, dix-sept kinésithérapeutes burundais diplômés de l’ESK étaient rentrés au pays. Douze d’entre eux ont été recrutés au "Centre National de Référence en Kinésithérapie et Réadaptation (CNRKR)" construit en 2014 dans l’enceinte du CHU de Bujumbura par le PAD-MPR. Pendant plusieurs années ils y ont développé leur savoir-faire et des soins de qualité. Ils s’y sont aussi préparé à devenir les enseignants des matières de kinésithérapie à l’ENKR.
La décision d’implanter l’ENKR au sein de l’INSP de Bujumbura a été validée par le MSPLS en 2014. L’INSP forme en effet la plupart des professionnels paramédicaux du Burundi (infirmiers, sages-femmes, laborantins, techniciens en radiologie, en odontologie, …). Il était donc naturel d’y ajouter la nouvelle filière de formation en kinésithérapie. 

Un programme d’étude construit par échange entre la Belgique, le Bénin, le Burkina Faso et le Burundi
La première étape a été la définition du programme d’étude.  L’ESK de Cotonou avait récemment réformé son curriculum dans le système international BMD (Bachelor-Master-Doctorat).  C’est la Faculté des Sciences de la Motricité de l’UCLouvain qui l’a appuyée dans ce sens.  Ce curriculum béninois inspiré du curriculum belge a donc tout naturellement été "importé" au Burundi en l’adaptant aux caractéristiques des programmes d’enseignement supérieur au Burundi. 
 
Des enseignants en grande majorité burundais, dès l’ouverture de l’ENKR
Le programme des trois années d’étude compte 77 matières dont 34 sont spécifiques à la kinésithérapie. La première année, quatre matières ont été assumées par des enseignants visiteurs.  Elles ne sont plus que deux la seconde année. L’an prochain, tous les cours seront enseignés par des professeurs burundais. L’INSP fournit en effet tous ses enseignants des matières générales (anatomie, biologie, psychologie, …). Pour le reste, douze kinésithérapeutes burundais formés au Bénin, mais aussi en Belgique et en Chine se partagent actuellement les matières spécifiques de kinésithérapie.
 
De futurs jeunes kinésithérapeutes… pour développer un réseau de soins de réadaptation dans le pays
Les besoins en réadaptation sont très importants et en croissance rapide en Afrique. Les maladies chroniques (hypertension diabète), les accidents de la route, le mal de dos chronique, la médicalisation des accouchements (qui augmente les chances de survie des nouveau-nés mais parfois avec des séquelles lors des accouchements difficiles), les problèmes uro-gynécologiques et beaucoup d’autres sont de grands vecteurs de handicaps et d’incapacités.
Pour répondre à ces besoins, le MSPLS souhaite créer dans les prochaines années, avec l’appui de ses partenaires comme l’APEFE, un réseau de services de kinésithérapie dans tous ses hôpitaux. 
Aujourd’hui, sur cinquante-cinq hôpitaux du réseau public et confessionnel, seulement douze ont un service de kinésithérapie, sans compter 18 hôpitaux privés et une dizaine de centres de réadaptation non hospitaliers. 
Pour que la création de ce réseau soit possible il va falloir des kinésithérapeutes.  Les diplômés de l’ENKR qui arriveront sur le marché de l’emploi début 2022, vont donc tomber à pic pour rendre possible ce développement majeur pour le système de santé du Burundi.
 
Rendez-vous dans un an et demi pour fêter leur diplomation !!!!

Dernière mise à jour
24.10.2020 - 16:11
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