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idsprint international : le numérique au service de "Libres ensemble"

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(c) J. Van Belle - WBI
Du 3 au 7 novembre, WBI, avec l'Organisation Internationale de la Francophonie, le Bureau International Jeunesse et idcampus, invitait une vingtaine de jeunes francophones wallons et étrangers à participer à un idsprint international.

L’objectif ? Travailler à l’élaboration de solutions numériques utiles à l’opérationnalisation d’une boîte à outils dédiée au « Libres Ensemble ». Retour sur cette aventure hors du commun !
 

« Libres Ensemble » : une priorité pour la Francophonie et Wallonie-Bruxelles International

Initiative de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), « Libres Ensemble » est un mouvement citoyen de la jeunesse francophone pour promouvoir la paix comme un droit inaliénable, la diversité comme une richesse à chérir et le vivre « Libres Ensemble » comme un choix irrévocable. Lancée en 2016, face au phénomène croissant de radicalisation violente et à l’instrumentalisation de nombreux jeunes, il vise à la libre expression et à l’engagement massif des jeunes francophones des cinq continents dans la manifestation de leur attachement au vivre ensemble, à la diversité, à la liberté, à la vie. Avec plus de 100 000 membres, libresensemble.com est aujourd’hui une plateforme pour exprimer, échanger et promouvoir des projets et bonnes pratiques autour de ces valeurs. 
 
Dans le cadre de cette initiative, WBI, via le Bureau International Jeunesse (BIJ), a organisé plusieurs actions. Ainsi, le BIJ organisait un Agora Jeunes Citoyens sur la thématique en mai 2017, à Tournai. Cette manifestation avait rassemblé une cinquantaine de jeunes porteurs de projets innovants dans l’entreprenariat social afin de renforcer leurs capacités comme agents de développement et de changement au sein de leur communauté, mais aussi d’impulser plusieurs projets collectifs internationaux.
 

Une boîte à outils en quête d’instruments numériques 

Dans cette dynamique, deux ateliers de réflexion et de co-création ont également été organisés par le BIJ et de la Direction Éducation et Jeunesse (DEJ) de l’OIF (mars et juin 2017, Bruxelles) afin d’élaborer une boîte à outils à destination des personnes qui aimeraient promouvoir les valeurs « Libres Ensemble ». Constituée d’une charte des valeurs et d’un référentiel de compétences, elle se compose également d’une série de fiches pratiques et pédagogiques, proposant des outils divers et variés comme la « bibliothèque vivante » – pour laquelle les livres sont des personnes et la lecture prend la forme d’une conversation – ou encore la fiche « Et alors ? » – exercice de simulation à partir d’une phrase choc pour apprendre à respecter l’avis et les opinions d’autrui. Aussi, cette boîte à outils est conçue pour des jeunes ayant idéalement une première expérience de formateur, afin de les préparer à animer des sessions de sensibilisation sur le respect, la solidarité, la liberté, à destination d’autres jeunes, dans le but de susciter leur engagement pour vivre ensemble dans la diversité. 
 
Une première formation à destination de ces animateurs « Libres Ensemble » s’est d’ailleurs tenue début juillet 2017 à Abidjan, en amont des Jeux de la Francophonie. Elle comptait une trentaine de jeunes issus de 16 pays différents et proposait plusieurs ateliers thématiques. Mais si les contenus de cette boîte à outils ont déjà été testés sur le terrain, se posait encore la question des différents canaux de sa diffusion au plus grand nombre ; un questionnement auquel le numérique propose des solutions diverses et variées.
 

« Liège, Tendances numériques » comme champ d’action 

En tant que partenaire de Liège Together, WBI a participé à la programmation du projet collectif 2017 dédié au monde digital : « Liège, Tendances numériques ». Partant du constat de la transformation de notre quotidien par le numérique et de notre nécessité de nous y adapter, cette initiative propose un ensemble d’activités d’éveil, de sensibilisation et de promotion du digital au sein de la métropole liégeoise. Ainsi, d’octobre à décembre 2017, près de 75 rendez-vous – spectacles, conférences, workshops, expositions, démonstrations… – destinés tant aux néophytes qu’aux professionnels, aux jeunes ou aux adultes, invitent à découvrir les potentialités qu’offre le numérique et à réfléchir à son impact sur notre société. 
 
C’est dans le cadre de cette initiative et face aux questions et challenges relevés par le BIJ que WBI et idcampus ont décidé de collaborer dans l’organisation d’une activité commune : un idsprint à dimension internationale, associant jeunes francophones belges et étrangers, dédié à la recherche de solutions numériques utiles à l’opérationnalisation de la boîte à outils dédiée au « Libres Ensemble ». La machine était lancée…
 

Idsprint, une initiative d’idéation créative encadrée

Outil d’accélération d’idées et de projets d’innovation conçu et réalisé par l’équipe d’idcampus – une structure dédiée à la stimulation de projets créatifs, en lien avec HEC-Liège, et acteur incontournable de l’innovation en Cité ardente –, l’idsprint est un processus créatif intensif de trois jours qui permet de générer des solutions créatives et innovantes en réponse à un défi. Inspiré du Design Thinking, il se déroule sur six phases structurées et successives : inspiration, clarification, idéation, développement, motivation et enfin, action. Le cœur de cette approche est de stimuler la créativité d’une équipe pour la conception d’une solution qui répond à de réels besoins. 
 

Un panel de participants diversifié

Immédiatement associée au projet, l’OIF a mobilisé les lauréats du Fonds francophone pour l’innovation numérique (FFIN) qui, aux travers de ses actions, propose de mettre la créativité numérique au service de l’innovation sociale, en réponse aux besoins socio-économiques des pays en développement francophones. Les participants étrangers de l’idsprint ont ainsi été sélectionnés parmi les différents lauréats des innovathons menés ces dernières années en Francophonie, en provenance du Togo, du Bénin, de Tunisie, de Côte d’Ivoire, du Sénégal mais également du Vietnam !
 
Côté belge, WBI, le BIJ et idcampus ont lancé un appel à candidature, leur permettant de sélectionner une dizaine de candidats aux profils divers et variés : étudiants, demandeurs d’emplois, employés, entrepreneurs… Ce sont ainsi des ingénieurs, des informaticiens mais aussi des acteurs des secteurs créatif, commercial, social et de la santé qui ont été amenés à travailler ensemble ; ce qui renforce l’approche multidisciplinaire et ouverte de la démarche.
 

Social et digital : une rencontre au-delà des espérances

Mobilisés du 3 au 7 novembre dans les locaux d’idcampus, ces participants ont eu l’occasion de travailler, en cinq équipes, à la recherche de solutions pratiques et numériques pour la boîte à outils du BIJ. Les ateliers étaient animés par deux coaches énergiques d’idcampus et entrecoupés de visites et moments de réseautage et de découvertes, comme la visite de l’exposition « J’aurai 20 ans en 2030 », organisée dans le cadre du bicentenaire de l’Université de Liège (ULiège). Les participants ont également eu la possibilité d’aller à la rencontre de leur public-cible. Une demi-journée a ainsi été consacrée à la tenue d’entretiens sur le KIKK festival, à Namur, afin de comprendre les représentations et les besoins du public concernant les thématiques abordées par l’idsprint. Ces interviews ont servi de base d’inspiration aux solutions élaborées par les candidats. 
 
Le dernier jour de l’idsprint, les participants ont pu présenter les résultats de leurs travaux devant une assemblée avertie, rehaussée de la présence de Laurence Hermand, Directrice du BIJ, Jean-Christophe Peterkenne, Directeur de Liège Together, Frédéric Ooms, Directeur d’idcampus, mais aussi Arame Diaw, Spécialiste de programme de la Direction de la Francophonie Économique et Numérique (DFEN), notamment en charge du FFIN.
 
Les solutions numériques mises en avant par les participants étaient aussi pratiques que surprenantes. Par exemple, l’équipe travaillant à la fiche « Et alors ? » imaginait la mise en place d’un assistant virtuel, intitulé « TOVIX », installé sur les smartphones équipés d’un clavier virtuel. Ce dernier lirait les phrases saisies et informerait son utilisateur du respect – ou non – de son discours. Le dispositif comporterait également un jeu éducatif, sous forme de quizz, qui apprendrait les bons comportements à adopter sur internet. Son usager gagnerait ainsi des points à échanger contre des lots chez des partenaires. 
 
Un autre groupe de participants, qui travaillait sur la fiche « Alter-Naratif » – processus en deux phases par lequel le public est amené à analyser un discours de haine puis à réfléchir à la manière de concevoir une réaction appropriée – proposait de une application de géolocalisation, nommée « CRACCS » (pour Cyber Citoyens Responsables, Actifs, Critiques, Créatifs et Solidaires), permettant aux personnes témoins ou victimes de discours haineux et de discrimination de témoigner ainsi que de localiser des boîtes d’immersion de réalité virtuelle. Ces dernières, placées dans des lieux stratégiques d’une ville, elles permettraient, grâce à des lunettes de réalité virtuelle et une combinaison intelligente, de vivre des situations de discrimination en faisant ressentir à ses utilisateurs les sensations physiques liées aux situations de rejet social. 
 
En quelques jours seulement, les cinq équipes ont su apporter des réponses non seulement créatives et innovantes mais également tangibles, concrètes et effectives en réponse à la question qui leur était posée. Les représentants du BIJ et de l’OIF ont été séduits par les résultats présentés pour renforcer, par le numérique, l’impact potentiel de la boîte à outils. Tous ont été impressionnés par les solutions apportées qui, selon eux, répondaient aux questions posées et respectaient les valeurs du « Libres Ensemble » tout en apportant un regard neuf sur la façon de gérer la problématique. 
 
En conclusion, au-delà des richesses d’une aventure humaine hors du commun, cet idsprint aura été une expérience pleine d’enseignements : celui amené par la diversité des nationalités mobilisées, celui du travail en équipes multidisciplinaires et enfin, celui du paysage créatif et entrepreneurial wallon, et plus particulièrement celui de la métropole liégeoise. Autant de perspectives que WBI, en collaboration avec l’OIF, entend valoriser au travers d’initiatives connexes de la stratégie numérique pour la Francophonie et de la campagne « Libres Ensemble ».