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Face à la pandémie, les entrepreneurs wallons ont été créatifs et solidaires

Les patrons de sociétés, sensibles à la situation des médecins et des hôpitaux, se sont retroussé les manches pour les aider en cette période difficile.

Au coeur des hôpitaux ou dans les soins à domicile et en maisons de repos, dès le début du mois de mars, outre le manque de masque et de respirateurs, plusieurs pénuries de matériel étaient constatées. Le personnel soignant a pu compter rapidement sur le soutien et la créativité des entrepreneurs de Bruxelles à Liège, de Tournai à Charleroi. Certains étaient en chômage technique, d’autres ont modifié leur ligne de production comme la société Any-Shape, spécialisée dans l’aréonautique, le spatial, la défense et l’automobile et qui a commencé à faire des écouvillons pour les tests de prélèvements. 
 

Détection des malades

De son côté, la société montoise D-tek a mis au point une trousse de diagnostic sérologique pour la détection de 5 anticorps spécifiques du SARS-CoV-2, responsable du COVID-19. Cette création 100% wallonne a pu compter sur un vaste soutien local (Ambroise Paré, UMons, Materia Nova et le CHU Tivoli). Cette première mondiale de la société située dans le Parc scientifique Initialis de Mons, est très spécifique, comme l’explique Benoît Autem, le CEO : « On est toujours dans une phase de recherche et développement. Le COVIDOT 5 IgG est le premier test sérologique multiplex capable de détecter simultanément 5 anticorps spécifiques. Certains patients (testés PCR positifs) ne développent pas tous les anticorps. Ils sont donc parfois négatifs sur des tests actuels. Cette trousse permet de déterminer avec précision si leur système immunitaire a été mis en contact ou non avec le COVID-19. Notre produit est un produit de seconde ligne. »
 

Recycler les masques

Ce succès n’est évidemment pas le seul en Wallonie. En province de Namur et de Luxembourg, les sociétés SalamanderU (Aye) et Solidfog Technologies (Ciney) ont mis leur savoir en commun pour trouver une solution pour la décontamination de masques FFP2 en grande quantité. Pour Yves Marée, CEO de Solidfog, ce travail était indispensable : « Nous voulions évidemment aider et surtout apporter des solutions ». Avec « CleanBubble », une chambre de confinement qui peut être montée en moins d’une demi-heure, avec son unité de décontamination « DosyMist », qui génère un brouillard d’H2O2, et la solution digitale « SmartReg », il est possible de déconfiner jusqu’à 350 masques FFP2 en un cycle de 6h. « Nous aurons peut-être des opportunités de débouchés à l’international dans les semaines qui viennent et nous poursuivons actuellement la désinfection des masques pour les associations de dentistes », ajoute Yves Marée. Un discours partagé par Claude Dedry, CEO de la société SalamanderU : « Nous avions la possibilité de venir en aide aux personnels médicaux avec nos solutions flexibles et innovantes. Nous devions agir ». Evidemment, le développement économique à long terme de cette solution dépendra de la reprise : « Nous ne pouvons pas compter sur les foires habituelles à l’étranger pour parler de nos solutions, mais nous sommes quand même en contact avec des organismes internationaux. »
 

Le gel et les revêtements

A Charleroi non plus, le temps ne s’est pas arrêté. Là, l’entreprise Lithcote de Trazegnies a mis au point un revêtement anti-Covid-19. Transparent, autodésinfectant, son CEO Christophe Leclercq ne cachait pas sa satisfaction pour le travail de ses équipes : « Nous avons développé un revêtement à la fois virucide, bactéricide et fongicide total. C’est un aboutissement de pouvoir proposer ce traitement qui pourra sans doute révolutionner plusieurs secteurs : l’industrie pharmaceutique, le secteur hospitalier, mais aussi les objets du quotidien… Cette technologie s’appuie sur des nano-céramiques fonctionnelles reliées chimiquement à un réseau polymère. »
 
La recherche wallonne a une nouvelle fois relevé le défi avec aussi Nicolas Manise, le CEO de la société Riem, qui a travaillé sur une solution hydroalcoolique en format aérosol. « Nous ne faisions pas ce produit à la base. Toutefois, vu le manque de produits désinfectants, nous avons travaillé sur une solution aérosol d’abord pour notre personnel en interne, et puis nous l’avons proposé à l’ensemble du public. Nous avons fait de nombreuses heures supplémentaires afin de pouvoir suivre la demande qui était très forte ». La société a aussi offert de nombreux dons de produits aux hôpitaux et aux infirmières.
 

Après le confinement, toujours présent

Ce confinement a aussi eu un impact sur la santé des patients. Vincent Keunen et son équipe ont proposé d’apporter un meilleur suivi avec leur application Andaman-7, qui propose une véritable interaction entre les patients et les acteurs de la santé (hôpitaux, médecins et chercheurs publics et privés). Ils ont proposé « un module gratuit destiné à soutenir les patients, les professionnels de la santé, les centres d’appels, les hôpitaux et les autorités à gérer la crise. Il présente plusieurs fonctionnalités pour informer, trier les patients infectés, faire des autotests pour réduire la charge de l’infrastructure médicale et permettre de la collecte de données à des fins médicales... »
 
Lorsque la vie a repris doucement son cours, d’autres acteurs wallons ont été très utiles, comme la société Piximate. Spécialisée dans l'analyse de flux des personnes en grandes surfaces sur base d'intelligence artificielle, la start-up a prévu une adaptation « covid » avec « Piximate Safe », pour déterminer la quantité maximum de personnes qui peuvent entrer dans un magasin. Elle a convaincu des sociétés comme Bpost, Ikea et Leclercq. La société s’est toutefois voulu très claire en terme de vie privée : « Il n’y aura pas d’enregistrement ».
 
Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. Tant en Wallonie qu’à Bruxelles, des dizaines d’entrepreneurs ont participé à cet effort pour soutenir les soignants et les hôpitaux.
 
Par Vincent Liévin
 
NDLR : Nous avons sélectionné quelques initiatives, mais d’autres initiatives d’autres entreprises existent sur le site Wallonia.be.
 
Cet article est tiré de la Revue W+B n°149
 

Dernière mise à jour
03.11.2020 - 12:18
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