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Cette première exposition monographique en France consacrée à Chaïm-Charles Kaliski (1929-2015) rassemble 120 dessins, photographies et archives. Elle met en lumière le parcours d'un artiste singulier, à jamais marqué par la Shoah. Double graphique de l'auteur, "Jim d'Etterbeek" est au cœur d'une œuvre monumentale sur l'Occupation à Bruxelles, constituée de plus de cinq mille dessins.
Aîné de quatre enfants, Chaïm Kaliski naît à Bruxelles en 1929 entre la gare du Midi et les abattoirs, dans une famille juive polonaise. Son père, Abraham, est maroquinier, sa mère, Fradla, couturière. L’occupation de la Belgique en mai 1940 bouleverse leur existence. Après avoir fui en France devant l’avancée de la Wehrmacht, les Kaliski reviennent dans la capitale belge, faute de ressources. Commence alors une survie qui tient du miracle puisqu’ils échappent aux contrôles, aux dénonciations et à la grande rafle du quartier juif de Cureghem, le 3 septembre 1942. Mais Abraham est arrêté le 12 février 1944. Fradla parvient alors à placer ses plus jeunes enfants et se cache avec Chaïm, jusqu’à la Libération en septembre 1944.
Pour Chaïm, la vie s’arrête le jour de l’arrestation de son père, dont il revivra le traumatisme toute son existence. C’est à l’âge de soixante ans, en 1989, sur les conseils de sa sœur Sarah, elle-même artiste peintre, qu’il entreprendra de dessiner leur histoire, à laquelle il se consacrera pendant dix-huit années, produisant des milliers de dessins.
Le trait, au premier abord enfantin, n’en est pas moins sûr : scènes d’arrestations, de rafles qui obsèdent l’artiste, resté à jamais "enfant caché", marqué par la peur et l’angoisse liées aux images imprimées sur sa rétine. Essentiellement tracées à l’encre de Chine, ces scènes déchirantes allient le texte et l’image. Elles consistent en des dessins "très sonores", qui évoquent les cris d’épouvante, les hurlements, le bruit des moteurs des camions ou le cliquetis des armes lors des rafles, formant un tourbillon auquel s’ajoutent des refrains récurrents, telles d’obsédantes litanies. Le lecteur découvre une communauté juive en voie d’anéantissement à travers les conversations entre le père de l’artiste et les connaissances qu’il croise lors de ses déambulations.
Les dessins réalisés par Chaïm Kaliski constituent la chronique bouleversante d’une enfance juive et un témoignage d’une infinie précision sur les juifs bruxellois sous l’Occupation. Parfait exemple d’art brut, son œuvre est celle d’un homme hypermnésique, doté d’une immense culture historique, et d’un artiste encore méconnu en France.
L’exposition, qui a bénéficié de prêts exceptionnels du Musée juif de Belgique, est accompagnée d’une rencontre à l’auditorium et de visites guidées.
Infos pratiques
- Tarif plein : 13€
- Tarif réduit : 9€ (18-25 ans non résidents européens, familles nombreuses)
- Gratuit pour les Amis du mahJ, les moins 18 ans. les 18-25 ans résidents UE. Voir les autres gratuités
- Gratuit pour tous le premier samedi du mois, d’octobre à juin
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L'exposition d'Amélie Bouvier invite à une exploration visuelle et conceptuelle du ciel et du cosmos, à travers une série d'œuvres inspirées par les représentations passées et présentes de l'univers. Qu'elles proviennent de la science, de la mythologie, de la culture populaire ou des archives médiatiques, ces images parlent de ce qui est lointain, inaccessible, mais profondément chargé de désir, d'ambition et de croyance.
À travers le prisme du dessin et de la construction d’images, ce travail interroge les récits que l’humanité projette dans les étoiles : les mythes fondateurs, les grandes utopies technologiques, les fantasmes d’exploration ou encore les peurs collectives.
En articulant recherche iconographique, travail graphique et réflexion critique, Amélie Bouvier met en lumière les tensions entre observation scientifique et projection symbolique, entre savoir et imaginaire, entre le visible et l’invisible.
Au sein de la salle d’exposition, l’artiste Amélie Bouvier vous invite à glisser un mot dans la table aux milles étoiles. À la fin de l’exposition, vos témoignages lui seront envoyés pour être valorisés dans une prochaine création.
- Du 16 janvier au 25 avril 2026
- Entrée libre
- Mardi et vendredi 13h-18h30 et Mercredi, jeudi et samedi 10h-12h/13h-18h30
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L'association Françoise pour l'œuvre contemporaine en société, dite Françoise, accueille du 5 janvier au 27 mars 2026, à la Cité Internationale des Arts à paris, l'artiste belge Céline Cuvelier. Elle est lauréate, avec Sarah Feuillas, de l'appel à candidatures du programme de résidence dédié à l'exploration des liens entre art, société et psychiatrie initié par Françoise et la Cité Internationale des Arts.
Genèse du programme de résidence
Depuis 2015, l’association Françoise contribue à inscrire les pratiques artistiques contemporaines au cœur de la cité, dans une dynamique d’ouverture et d’inclusion de l’altérité. Ses projets, expositions, résidences, collaborations avec des institutions de soin et des associations interrogent les rapports entre art, mémoire, vulnérabilité et transmission.
Pour Françoise, ce projet s’inscrit dans la continuité de collaborations avec des lieux tels que le Museum Dr. Guislain (Gand, Belgique), dédié à l’histoire de la psychiatrie et à l’art brut, et de la programmation de la Fondation Francès.
L’art est le témoin de la vie psychique : il y trouve sa source, parfois son sujet. Il en reflète les trouvailles mais aussi les conflits, les déséquilibres ou les manques. Le programme propose un espace d’expérimentation et de dialogue, favorisant un changement de point de vue sur les pratiques et un temps d’élaboration collective.
La résidence à Paris de Céline Cuvelier constitue avant tout un temps de recherche consacré aux deux projets qu’elle a déjà amorcés : l’un portant sur l’infanticide commis par des mères, l’autre sur la surmédicalisation dans le domaine de la santé mentale.
Au cours de ses dix années de travail en prison en tant qu’intervenante artistique, elle a eu l’occasion de rencontrer différentes femmes ayant commis des infanticides. Elle questionne ainsi la manière dont ces femmes sont perçues par la société, la figure du monstre social, les différents terrains socio-économiques dont elles proviennent, leurs profils psychiatriques et la manière dont la société et la justice les condamnent.
Par ailleurs, elle questionne la médication comme seule réponse à une société traversant des crises et une politique de résolution "de type pansement sur une plaie ouverte". La normalisation de l’usage d’une médication psychoactive, la focalisation sur l’individu "défaillant" plutôt que sur le contexte délétère ayant créé le trouble l’interrogent.
Pendant sa résidence, Céline Cuvelier sera accompagnée par Albertine de Galbert, curatrice et psychologue clinicienne. Ce mentorat scientifique et artistique est essentiel pour structurer le projet et les ateliers artistiques qui seront mis en place avec les patients.
Rencontres et ateliers
- 14 janvier 2026 : rencontre avec les étudiants en psychologie du programme Positive Psychology & Wellbeing du California State University San Marcos
- 2 ateliers par mois avec Albertine de Galbert
- Plusieurs rencontres avec des professionnels de la culture et des chercheurs en psychologie et le milieu carcéral à confirmer.
Visites
- Visite de l’exposition "Tenter l’art pour soigner - À l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville dans les années 1960" à l’Institut du Monde Arabe.
- Visite du Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte‑Anne (MAHHSA) et son exposition.
Diffusion
- Partage et diffusion en ligne de la résidence en continu
- Mi-mars : Open Studio à la Cité internationale des arts et table-ronde