João Freitas

Né à Coimbra (Portugal) en 1989. Après avoir obtenu son diplôme à l’ENSAV La Cambre en 2014, João Freitas a été artiste en résidence à la Fondation privée du Carrefour des Arts ainsi qu’à la Fondation Moonens en collaboration avec Platform102. Il a gagné le prix Young Talent de l’édition 2015 de Art on Paper en collaboration avec Bozar. Sa première exposition personnelle intitulée ‘To be titled’ a eu lieu à la galerie Fuoricampo (Sienne) et les dernières expositions collectives incluent Raw Means, Plagiarama (Bruxelles); Foyer, Studifestival (Milan); Paperworks, Antena (Chicago). João Freitas vit et travaille à Bruxelles.


Compte-rendu

En arrivant à Como j’ai acheté divers journaux dont le papier était coloré. Le dessin ici est une séquence répétitive de lignes droites en utilisant des crayons B standards. Je commence par le haut à gauche en travaillant la feuille jusqu’au bas à droite, les mouvements de ma main son régulier, essayant de couvrir la surface complètement, laissant juste la bande trouée, colorée apparente.

La feuille de journal est pressée par la pointe du crayon. Il y a un impulse destructif dans le travail, afin de transformer la matière. Le papier est rendu lourd et réfléchissant, marqué par le temps qu’il a subit le geste. Il y a un jeu sur l’opacité et la transparence, la lourdeur et la fragilité mais aussi sur le fait de subir une pression et de résister celle ci. Les deux faces de la feuilles sont travaillées à plusieurs reprises, jusqu’au moment de rupture, le moment ou la feuille ne peux plus résister au geste. Comme le lac qui apparait surface sans vraiment l’être, les travaux oscillent entre la surface et l’espace.

Tout au long du séjour sur l’île, des feuilles A4 ont été déposées sur la surface de l’eau ‘dormante’ d’un réservoir. (cf. image)
Il y a un impact entre le papier et la surface de l’eau. Les traces de cette rencontre, du contact, se déposent sur la feuille.  La matière d’une surface est transférée sur une autre. Ainsi un dessin unique se crée à chaque fois, un paysage aléatoire, qui dépend aussi des circonstances métrologiques.

Lors de mon séjour j’ai réalisé trois dessins, inspirés du paysage, ou plutôt de leur ressenti personnel.
D’abord les dessins ont été réalisés au feutre, puis lorsqu’il a plu, ils ont été laissés dehors afin que le papier soit imbibé d’eau et les couleurs traversent encore plus la matière jusqu’à même se mélanger.
La dernière étape constitue en un travail plus méditatif et répétitif: Le grattage de la surface colorée grâce à une pointe sèche (outil de gravure). Il y a une approche sculptural, une volonté de travailler la matière pour sortir de la bidimensionalité du dessin. Il y a une volonté d’extérioriser l’intérieur de la feuille qui passe d’un état lisse à un état duveteux. La surface devient espace.
Sans titre (Comacina) ont été inspirés par les réflexions de lumière de la surface du lac de Côme et Carlotta I a été inspiré du jardin botanique de la Villa Carlotta. Ce dernier est un premier d’un série encore à venir.

Ma participation à cette résidence a été diffusé par mail et sur divers réseaux sociaux (Facebook, Instagram) par la galerie Fuoricampo basée à Sienne et moi-même. Tout au long de la résidence des photos prises du travail en cours ont aussi été diffusées. Ainsi j’ai pu rencontrer le couple Elena et Dario qui ont une maison de vacances à Ossuccio et qui sont tombés sur une de mes publications. Ils m’ont contacté pour venir voir le travail en cours. J’ai aussi eu le plaisir d’aller manger chez eux et de discuter de leur intérêt fort pour l’art. Ils m’ont donné des adresses à visiter autour du lac de Côme et suivent maintenant de près les futurs résidents. J’ai aussi ouvert la maison/atelier plusieurs fois aux gens (dont des artistes et architectes d’intérieur) de passage et intéressés par l’architecture et le travail artistique.
Maarten Van Roy qui est arrivé une semaine après moi, et qui a occupé la maison de la Communauté flamande a été aussi une belle rencontre avec qui j’ai pu partager nos préoccupations artistiques respectives. Encore maintenant on garde contact régulièrement et il s’installe à Bruxelles après quelques années à Cologne.

Je suis allé au vernissage de l’exposition Borderline de l’artiste allemande Monika Kropshofer organisé à la Villa Vigoni. J’ai pu rencontrer certaines personnes de l’équipe dont la directrice, Immacolata Amodeo avec qui j’ai discuté de la résidence et le fonctionnement de celle-ci. Elle a évoqué que cela pourrait être une bonne idée de montrer mon travail réalisé à la suite de la résidence à la Villa dans le futur. Suite à cela, Julian Stefenelli est passé sur l’île voir mon travail. On est en contact, et j’enverrai un dossier contenant la production artistique réalisée à Comacina. Je vous tiendrai au courant de la suite. 

 

Remerciements

Je tiens à remercier Wallonie-Bruxelles International pour m’avoir permis de faire la résidence. Le jury pour leur confiance dans mon projet.
Sandra Nicouleau pour la disponibilité et réactivité concernant mes questions. Fabiana Vitta et Erick Beltracchini ainsi que tout le reste de l’équipe de l’Isola Comacina pour l’accueil et aide sur place.

 

Liens

 


Dernière mise à jour
16.08.2017 - 11:09

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