Le 13 février dernier, WB Campus a coordonné le webinaire "Collaborer avec les pays nordiques"», organisé dans le cadre de la Visite d’État en Norvège.
Le 13 février dernier, WB Campus a coordonné le webinaire "Collaborer avec les pays nordiques"», organisé dans le cadre de la Visite d’État en Norvège.
Cette initiative illustre la collaboration étroite et désormais bien installée entre le Service Enseignement supérieur de WBI et le réseau des Conseillers scientifiques et académiques (CSA) mis en place depuis 2025. Ce webinaire s’inscrit dans une série d’actions conjointes déjà menées, telles que les présentations du paysage de l’enseignement supérieur en Suède ou au Japon, et préfigure les prochaines activités prévues lors de la mission ministérielle au Québec et en Ontario fin avril.
Les pays nordiques attirent fortement les étudiant.e.s et chercheur.euse.s de la Fédération Wallonie-Bruxelles grâce à leur capacité d’innovation, à la large offre de cours en anglais et à la qualité reconnue de leurs universités. Le webinaire a permis de partager des retours d’expérience très concrets issus de l’ULiège, de l’UMONS et de l’Université Savoie Mont Blanc. L’objectif était de mettre en perspective leurs conseils afin d’identifier concrètement ce qui fonctionne dans le développement des collaborations.
Quatre enseignements clés pour renforcer les collaborations nordiques
Les interventions ont dégagé quatre leviers concrets pour développer des collaborations efficaces avec les pays nordiques :
Construire une relation durable avec un partenaire pivot
Une collaboration solide repose sur des accords bilatéraux qui permettent d’ancrer la relation dans un programme plus large. L’exemple du partenariat entre l’UMONS et l’Université de Vaasa montre comment une simple coopération d’échange peut évoluer vers une alliance européenne, un Erasmus Mundus ou encore un projet Marie‑Curie, à condition de bien connaître les forces de chaque partenaire.
Créer un ancrage académique fort
Des formats engageants comme un double diplôme renforcent durablement le partenariat, améliorent la visibilité mutuelle et facilitent une coordination pédagogique continue. Ils contribuent aussi à équilibrer les flux d’étudiant.e.s, surtout lorsqu’ils reposent sur une cohérence et une complémentarité de cursus entre institutions nordiques et belges, ce qui met en valeur l’excellence des deux pôles académiques.
Aller au‑delà du premier contact
Arriver dès la première réunion avec une proposition concrète (format, contenu, calendrier) permet d’éviter les échanges superficiels et respecte l’approche pragmatique des partenaires nordiques. Dans la culture scandinave, le respect du temps d’autrui est essentiel : chaque rencontre doit idéalement se conclure par un plan d’action clair.
Miser sur les niches et l’expérience packagée
Proposer des cours en anglais sur des contenus différenciants, développer des formats courts comme les BIP Erasmus, soigner l’accueil et l’intégration des étudiants ou encore mobiliser la recherche et la mobilité du personnel sont autant de leviers pour se démarquer dans un écosystème confronté aux mêmes défis.
Une dynamique qui se poursuit
Ce webinaire illustre la valeur ajoutée de la collaboration entre WB Campus et le réseau des Conseillers Scientifiques et Académiques de WBI : mise en commun d’expertises, partage d’expériences de terrain, et soutien direct aux établissements de la FWB dans le développement de partenariats internationaux structurants.
D’autres initiatives du même type suivront dans les prochaines semaines, notamment dans le cadre de la mission ministérielle au Québec et en Ontario qui se déroulera du 19 au 24 avril 2026.
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La Ciné-Ligue des Hauts-de-France, avec le soutien de Wallonie-Bruxelles International, du Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, du Ramdam Festival et en partenariat avec la Revue belge de cinéma "Surimpressions", présente la 2e édition de La Caravane belge, programmation de films belges francophones, du 20 au 29 mars dans plusieurs villes des Hauts-de-France.
A Lille (Gare Saint-Sauveur le dimanche 22 mars à 11h, 15h et 17h), Calais, Outreau, Harnes et Merville et autres villes des Hauts-de-France.
Cette année, la Caravane propose un focus sur Bouli Lanners, réalisateur et acteur (Eldorado, Les Géants, L’Ombre d’un mensonge ; Louise-Michel de Benoît Delépine et Gustave Kervern et Le Huitième jour de Jaco Van Dormael).
Le programme se complète pour le jeune public avec Panique au village, en présence de Vincent Patar et Stéphane Aubier, mais aussi avec Une vie démente en présence d’Ann Sirot & Raphaël Balboni, La Danse des Renards de Valéry Carnoy et Sauvons les meubles de Catherine Cosme.
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A l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles, Wallonie-Bruxelles International et la Représentation de l’Organisation Internationale de la Francophonie auprès de l’Union européenne organisent le spectacle Vibrations francophones – Voix en partage, le 17 mars 2026 à 20h au Théâtre Varia à Bruxelles, en partenariat avec le collectif bruxellois Slameke.
Chaque année, la Francophonie rassemble des Etats et gouvernements autour d’une langue commune et d’engagements partagés : solidarité, paix, démocratie, respect des droits de l’Homme, développement durable, promotion de la diversité culturelle et linguistique. A Bruxelles, au cœur des institutions européennes, cette célébration prend une résonance particulière. Elle rappelle que le français est à la fois un outil de dialogue international et un espace vivant de création.
A travers Vibrations francophones – Voix en partage, la Fédération Wallonie-Bruxelles, Wallonie-Bruxelles International et l’Organisation internationale de la Francophonie mettent en lumière cette dimension à la fois institutionnelle et artistique. La Francophonie ne se limite pas aux instances politiques, elle s’incarne dans des voix, des écritures, des rythmes et des imaginaires qui circulent d’un continent à l’autre.
La soirée réunira trois artistes qui illustrent la vitalité des expressions francophones contemporaines.
Lisette Lombé, figure majeure de la scène littéraire belge, explore dans son œuvre les identités multiples, les héritages, les luttes sociales et les dynamiques de transmission. Artiste engagée, poétesse nationale, elle fait de la poésie un espace d’émancipation et de rencontre. Sur scène, sa parole se déploie avec intensité, entre puissance et vulnérabilité. Elle rappelle que la langue française peut être un lieu de réflexion autant qu’un levier d’action.
Le duo Z&T, composé de Zouz et T.A., développe un univers artistique à la croisée du rap, de la musique et de la création sonore. Leur travail explore la force du langage lorsqu’il devient rythme, matière et présence. Entre tension et énergie, leurs textes questionnent les fractures intimes et collectives, les aspirations et les incertitudes d’une génération en mouvement. Sur scène, leur complicité donne naissance à une performance immersive où la voix dialogue avec les textures sonores. Avec Z&T, la Francophonie s’affirme comme un espace d’expérimentation et de renouvellement des formes artistiques.
La scène accueillera également Elea, finaliste du concours "Playground" de Tarmac (RTBF). Représentante d’une nouvelle génération du rap belge francophone, elle construit un univers personnel, direct et assumé. A travers ses textes, elle affirme la liberté de tracer son propre chemin artistique. Son parcours témoigne du dynamisme des scènes urbaines francophones et de leur capacité à toucher un public large, au-delà des frontières.
En réunissant ces trois propositions, Vibrations francophones – Voix en partage met en lumière la richesse d’un espace linguistique partagé qui traverse les continents. La Francophonie s’y révèle comme un réseau de coopérations mais aussi comme un laboratoire culturel où se croisent influences, accents et sensibilités.
La soirée offrira un moment privilégié d’échange entre artistes, représentants, partenaires internationaux et publics, dans un esprit d’ouverture et de dialogue.
Le 17 mars 2026, au Théâtre Varia, la Francophonie se donnera à entendre et à ressentir : une langue partagée, des voix singulières, une scène ouverte sur le monde.
Soirée gratuite sur réservation (dans la limite des places disponibles).
Teaser de la soirée
Contacts
Département Francophonie
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Pour la onzième année consécutive, le festival Phoque Off revient enflammer la ville de Québec. Prônant l’inclusivité musicale et les genres musicaux alternatifs, ce festival a été créé en réponse à l’évènement Rideau et se déroule en même temps que ce dernier.
Dates et lieux :
- 13 au 21 février 2026
- Dans diverses salles de spectacles et salles de diffusion alternatives de Québec
Nouveauté 2026 :
Le nombre de vitrines double pour offrir la possibilité à deux fois plus d’artistes de venir présenter leurs productions. Parmi les grands noms québécois, canadiens, américains, britanniques, suisses et français, trois formations belges francophones seront également présentes.
Artistes belges à ne pas manquer
Le talu - 17 février à 20h40 au Pantoum:
L’artiste trans non-binaire basé·e à Bruxelles emmènera son public dans son univers immersif, entre rap digital, post trip hop, ASMR érotique et pop triste. Incontournable de la musique alternative queer belge, le talu a déjà offert plusieurs concerts et a remporté le premier prix du concours Du F dans le texte 2024, organisé par le Conseil de la Musique et le Botanique. En juin 2024, le talu a sorti son premier album, tuning contre la sadness, en collaboration avec la productrice et compositrice Maïa Blondeau.
Jean-Paul Groove - 15 février à 21h30 au Pantoum :
Avec le départ de Jeremy Debuysschere, le groupe, composé encore de Nils Hilhorst et Denis Baeten, connaîtra un renouveau en accueillant prochainement un nouveau membre dont le nom n’est pas encore sorti. Évoluant dans un univers entre funk, disco et électro, les artistes bruxellois ont sorti un EP en février 2024 intitulé Violent Party Music. Leur musique, garantie sans machine ni intelligence artificielle, joue sur les effets produits par la basse, la guitare, et la batterie.
Nsangu - 18 février à 22h40 à l’Anti :
Originaire de Liège et installée à Bruxelles, Nsangu consacre son temps à la musique et au théâtre. Issue d’une famille congolaise, c’est son oncle qui l’a initiée à la neo-soul, lui faisant découvrir des icônes telles qu’Erykah Badu, Jill Scott et Sade. Elle a ensuite élargi ses horizons en tombant sous le charme des chanson française de Charles Aznavour, découvrant ainsi toute la richesse de la chansson française. Alliant sa passion pour le théâtre et la musique, Nsangu a développé un style qu'elle qualifie d' « Expressif », imprégné d’une vitalité contagieuse. Sa voix, puissante et délicate cherche à toucher les sens de manière profonde et intense. Nsangu ne se contente pas de chanter ; elle incarne véritablement les personnages de ses interprétations, livrant des concerts où l'émotion de sa voix se mêle à la force de son interprétation, captivant le public à chaque performance.
Avec ses panneaux solaires compacts conçus en Wallonie et testés jusqu’aux confins du Groenland, Sunslice s’impose comme un acteur clé de l’énergie nomade. L’entreprise, fondée par deux jeunes ingénieurs de l’UCLouvain, s’est littéralement fait une place au soleil sur un marché dominé par les géants américains.
Avec ses panneaux solaires compacts conçus en Wallonie et testés jusqu’aux confins du Groenland, Sunslice s’impose comme un acteur clé de l’énergie nomade. L’entreprise, fondée par deux jeunes ingénieurs de l’UCLouvain, s’est littéralement fait une place au soleil sur un marché dominé par les géants américains.
Née dans les auditoires de l’UCLouvain, Sunslice s’impose aujourd’hui comme une référence européenne dans les solutions d’énergie solaire portables. À la tête de cette jeune entreprise wallonne, Henri Gernaey et son associé Geoffroy Ghion incarnent une génération d’ingénieurs entrepreneurs animés par une ambition simple et forte : apporter de l’énergie partout.
« Pendant nos études d’ingénieur civil à l’UCL, nous avons participé au programme StarTech, soutenu par la Région wallonne », se souvient Henri Gernaey. « C’était une initiative de sensibilisation à l’entrepreneuriat. C’est un peu grâce à ça qu’on s’est lancés dans un petit projet solaire, à l’époque très libre, avec peu de contraintes ».
De ce premier défi naît une véritable vocation. Le jeune ingénieur poursuit le projet après la présentation finale et entraîne dans l’aventure son camarade Geoffroy Ghion. Ensemble, ils participent à plusieurs concours universitaires et remportent deux prix, un signal fort qui les encourage à franchir le pas. « À ce moment-là, on s’est dit: pourquoi ne pas tenter l’expérience et créer une société ? ».
C’est ainsi qu’en 2017, à peine leurs mémoires remis, les deux amis fondent Sunslice. Leur première idée consiste à concevoir un chargeur solaire au format portefeuille, ultra-portable, destiné aux aventuriers modernes. Une campagne de financement participatif sur Kickstarter attire l’attention de plus de 400 acheteurs potentiels, sans atteindre toutefois l’objectif financier. « Cela n’a pas découragé Wing, qui a cru en nous et nous a accordé un premier prêt convertible. C’est comme ça que la machine s’est mise en route, petit à petit », raconte Henri Gernaey.
Une croissance maîtrisée et des ambitions claires
Depuis ses débuts, la société a élargi sa gamme, passant du chargeur de poche à des solutions solaires plus puissantes. « Nous nous adressons aux randonneurs, aux cyclistes, aux nomades numériques, mais aussi à des organisations humanitaires ou militaires ». Sunslice développe aujourd’hui des produits capables d’alimenter des ordinateurs portables, des équipements de vans aménagés ou encore des sites isolés.
Leur mantra résume bien leur philosophie : « Sunslice, Energy Anywhere ». « Nous essayons de proposer des solutions adaptées à tous les usages, toujours avec la même idée: fournir de l’énergie partout », précise le cofondateur. Cette ligne directrice s’accompagne d’un modèle de croissance volontairement mesuré. « Nous n’avons pas levé beaucoup de fonds. Notre progression n’a pas été fulgurante, mais elle est stable, constante et à taille humaine. C’est ce que nous préférons: garder les pieds sur terre et savoir où nous allons ».
Aujourd’hui, l’entreprise compte cinq personnes, dont trois collaborateurs à temps plein, et réalise un chiffre d’affaires d’environ un million d’euros. Une performance honorable pour une start-up autofinancée, qui a préféré la solidité à la précipitation.
De la Wallonie aux confins du globe
Basée à Louvain-la-Neuve, Sunslice conçoit l’ensemble de ses produits en Belgique. La fabrication est assurée principalement en Chine, tandis que la Tunisie accueille une partie de la production manuelle, notamment pour le cuir et la couture. Le stockage et la logistique restent ancrés en Belgique, d’où partent les expéditions vers le monde entier.
La clientèle reflète cette diversité : cyclistes, militaires, randonneurs, cinéastes ou simples voyageurs en quête d’autonomie énergétique. Certains cas d’usage sortent de l’ordinaire, à commencer par la mission polaire de l’IMAQA, menée au Groenland. « Leur environnement de travail illustre parfaitement la robustesse de nos produits. Dans leur film, on voit nos panneaux solaires couverts de vingt centimètres de neige, parfois sous des tempêtes de glace. C’est un cas d’usage extrême, et ça fonctionne très bien », souligne l’ingénieur. Cette expédition scientifique, menée avec un consortium international, visait à mieux comprendre les mécanismes du changement climatique. Sunslice y voyait aussi une manière concrète de valider sa technologie. « L’idée était de prouver que notre système pouvait tenir le coup, recharger tout type d’appareil et rester performant dans un environnement où l’énergie est rare et précieuse ».
Satellites portables
La guerre en Ukraine a également provoqué un pic de la demande, porté par la crainte de coupures d’électricité. « Nos générateurs électriques portables et nos panneaux solaires ont alors connu un vrai succès », reconnaît le dirigeant. Cette situation a renforcé l’intérêt du public pour les solutions d’énergie autonome et incité Sunslice à accélérer ses développements.
Aujourd’hui, la start-up explore un nouveau domaine, celui des télécommunications. « Nous travaillons sur des solutions combinant énergie et connectivité, avec des antennes satellites portables de type Starlink destinées aux organisations humanitaires ou gouvernementales ».
Parmi ses partenaires, Sunslice peut déjà citer Décathlon, ainsi que plusieurs grandes chaînes de distribution suisses comme Transa, spécialisée dans l’outdoor et l’aventure. « Nous avons aussi plusieurs projets en cours avec de grands distributeurs européens du secteur outdoor », ajoute Henri Gernaey. L’Europe demeure le principal marché de la société, la France occupant la première place. Mais la marque a déjà conquis d’autres horizons : États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande. « Ces marchés sont plus éloignés, donc nous ne les stimulons pas énormément, mais ils sont prometteurs », précise le cofondateur.
De l'innovation à la reconnaissance
Fidèle à son ADN d’ingénieurs, Sunslice investit massivement dans la recherche et le développement. « Nous ne sommes pas une simple société de revente de modules existants. Nous consacrons beaucoup de temps à la recherche technique, au développement et à l’amélioration continue de nos produits ».
Lorsque l’entreprise s’est lancée en 2017, le marché est déjà occupé par de grands noms. « À l’époque, le numéro un s’appelait Goal Zero, une société américaine que nous regardions comme un modèle à atteindre. Aujourd’hui, c’est assez symbolique: nous remplaçons leurs produits dans les rayons, où ils ont quitté le marché européen ». Une belle consécration pour la pousse belge. « Les grands concurrents que nous observions à nos débuts, nous avons progressivement réussi à les rattraper et même à les remplacer. C’est une vraie fierté d’avoir atteint le niveau de ceux que nous prenions pour modèles au départ ».
En quelques années, Sunslice s’est fait une place au soleil, au sens propre comme au figuré. Partie d’un simple projet d’étudiants, la start-up wallonne a prouvé qu’innovation, rigueur et persévérance peuvent mener loin. Jusque dans les zones les plus reculées du globe.
Cet article a été écrit par Rodolphe Masuy pour la Revue W+B n°170.
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Cette première exposition monographique en France consacrée à Chaïm-Charles Kaliski (1929-2015) rassemble 120 dessins, photographies et archives. Elle met en lumière le parcours d'un artiste singulier, à jamais marqué par la Shoah. Double graphique de l'auteur, "Jim d'Etterbeek" est au cœur d'une œuvre monumentale sur l'Occupation à Bruxelles, constituée de plus de cinq mille dessins.
Aîné de quatre enfants, Chaïm Kaliski naît à Bruxelles en 1929 entre la gare du Midi et les abattoirs, dans une famille juive polonaise. Son père, Abraham, est maroquinier, sa mère, Fradla, couturière. L’occupation de la Belgique en mai 1940 bouleverse leur existence. Après avoir fui en France devant l’avancée de la Wehrmacht, les Kaliski reviennent dans la capitale belge, faute de ressources. Commence alors une survie qui tient du miracle puisqu’ils échappent aux contrôles, aux dénonciations et à la grande rafle du quartier juif de Cureghem, le 3 septembre 1942. Mais Abraham est arrêté le 12 février 1944. Fradla parvient alors à placer ses plus jeunes enfants et se cache avec Chaïm, jusqu’à la Libération en septembre 1944.
Pour Chaïm, la vie s’arrête le jour de l’arrestation de son père, dont il revivra le traumatisme toute son existence. C’est à l’âge de soixante ans, en 1989, sur les conseils de sa sœur Sarah, elle-même artiste peintre, qu’il entreprendra de dessiner leur histoire, à laquelle il se consacrera pendant dix-huit années, produisant des milliers de dessins.
Le trait, au premier abord enfantin, n’en est pas moins sûr : scènes d’arrestations, de rafles qui obsèdent l’artiste, resté à jamais "enfant caché", marqué par la peur et l’angoisse liées aux images imprimées sur sa rétine. Essentiellement tracées à l’encre de Chine, ces scènes déchirantes allient le texte et l’image. Elles consistent en des dessins "très sonores", qui évoquent les cris d’épouvante, les hurlements, le bruit des moteurs des camions ou le cliquetis des armes lors des rafles, formant un tourbillon auquel s’ajoutent des refrains récurrents, telles d’obsédantes litanies. Le lecteur découvre une communauté juive en voie d’anéantissement à travers les conversations entre le père de l’artiste et les connaissances qu’il croise lors de ses déambulations.
Les dessins réalisés par Chaïm Kaliski constituent la chronique bouleversante d’une enfance juive et un témoignage d’une infinie précision sur les juifs bruxellois sous l’Occupation. Parfait exemple d’art brut, son œuvre est celle d’un homme hypermnésique, doté d’une immense culture historique, et d’un artiste encore méconnu en France.
L’exposition, qui a bénéficié de prêts exceptionnels du Musée juif de Belgique, est accompagnée d’une rencontre à l’auditorium et de visites guidées.
Infos pratiques
- Tarif plein : 13€
- Tarif réduit : 9€ (18-25 ans non résidents européens, familles nombreuses)
- Gratuit pour les Amis du mahJ, les moins 18 ans. les 18-25 ans résidents UE. Voir les autres gratuités
- Gratuit pour tous le premier samedi du mois, d’octobre à juin
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L'exposition d'Amélie Bouvier invite à une exploration visuelle et conceptuelle du ciel et du cosmos, à travers une série d'œuvres inspirées par les représentations passées et présentes de l'univers. Qu'elles proviennent de la science, de la mythologie, de la culture populaire ou des archives médiatiques, ces images parlent de ce qui est lointain, inaccessible, mais profondément chargé de désir, d'ambition et de croyance.
À travers le prisme du dessin et de la construction d’images, ce travail interroge les récits que l’humanité projette dans les étoiles : les mythes fondateurs, les grandes utopies technologiques, les fantasmes d’exploration ou encore les peurs collectives.
En articulant recherche iconographique, travail graphique et réflexion critique, Amélie Bouvier met en lumière les tensions entre observation scientifique et projection symbolique, entre savoir et imaginaire, entre le visible et l’invisible.
Au sein de la salle d’exposition, l’artiste Amélie Bouvier vous invite à glisser un mot dans la table aux milles étoiles. À la fin de l’exposition, vos témoignages lui seront envoyés pour être valorisés dans une prochaine création.
- Du 16 janvier au 25 avril 2026
- Entrée libre
- Mardi et vendredi 13h-18h30 et Mercredi, jeudi et samedi 10h-12h/13h-18h30
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L'association Françoise pour l'œuvre contemporaine en société, dite Françoise, accueille du 5 janvier au 27 mars 2026, à la Cité Internationale des Arts à paris, l'artiste belge Céline Cuvelier. Elle est lauréate, avec Sarah Feuillas, de l'appel à candidatures du programme de résidence dédié à l'exploration des liens entre art, société et psychiatrie initié par Françoise et la Cité Internationale des Arts.
Genèse du programme de résidence
Depuis 2015, l’association Françoise contribue à inscrire les pratiques artistiques contemporaines au cœur de la cité, dans une dynamique d’ouverture et d’inclusion de l’altérité. Ses projets, expositions, résidences, collaborations avec des institutions de soin et des associations interrogent les rapports entre art, mémoire, vulnérabilité et transmission.
Pour Françoise, ce projet s’inscrit dans la continuité de collaborations avec des lieux tels que le Museum Dr. Guislain (Gand, Belgique), dédié à l’histoire de la psychiatrie et à l’art brut, et de la programmation de la Fondation Francès.
L’art est le témoin de la vie psychique : il y trouve sa source, parfois son sujet. Il en reflète les trouvailles mais aussi les conflits, les déséquilibres ou les manques. Le programme propose un espace d’expérimentation et de dialogue, favorisant un changement de point de vue sur les pratiques et un temps d’élaboration collective.
La résidence à Paris de Céline Cuvelier constitue avant tout un temps de recherche consacré aux deux projets qu’elle a déjà amorcés : l’un portant sur l’infanticide commis par des mères, l’autre sur la surmédicalisation dans le domaine de la santé mentale.
Au cours de ses dix années de travail en prison en tant qu’intervenante artistique, elle a eu l’occasion de rencontrer différentes femmes ayant commis des infanticides. Elle questionne ainsi la manière dont ces femmes sont perçues par la société, la figure du monstre social, les différents terrains socio-économiques dont elles proviennent, leurs profils psychiatriques et la manière dont la société et la justice les condamnent.
Par ailleurs, elle questionne la médication comme seule réponse à une société traversant des crises et une politique de résolution "de type pansement sur une plaie ouverte". La normalisation de l’usage d’une médication psychoactive, la focalisation sur l’individu "défaillant" plutôt que sur le contexte délétère ayant créé le trouble l’interrogent.
Pendant sa résidence, Céline Cuvelier sera accompagnée par Albertine de Galbert, curatrice et psychologue clinicienne. Ce mentorat scientifique et artistique est essentiel pour structurer le projet et les ateliers artistiques qui seront mis en place avec les patients.
Rencontres et ateliers
- 14 janvier 2026 : rencontre avec les étudiants en psychologie du programme Positive Psychology & Wellbeing du California State University San Marcos
- 2 ateliers par mois avec Albertine de Galbert
- Plusieurs rencontres avec des professionnels de la culture et des chercheurs en psychologie et le milieu carcéral à confirmer.
Visites
- Visite de l’exposition "Tenter l’art pour soigner - À l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville dans les années 1960" à l’Institut du Monde Arabe.
- Visite du Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte‑Anne (MAHHSA) et son exposition.
Diffusion
- Partage et diffusion en ligne de la résidence en continu
- Mi-mars : Open Studio à la Cité internationale des arts et table-ronde
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Ceramic Brussels
Du 21 au 25 janvier 2026 à Tour & Taxis.
Longtemps déconsidérée, reléguée au genre d’art mineur, la céramique connaît un renouveau et un essor international sans précédent depuis ces dix dernières années, intéressant de plus en plus d’artistes et retrouvant une place notable dans les galeries, les institutions et les écoles d’art.
Aucune foire d’envergure ne lui avait encore été consacrée avant que le duo franco-belge, constitué de Jean-Marc Dimanche et Gilles Parmentier, ne décide en 2024 d’y remédier en concevant le premier salon international entièrement consacré au médium qui réunit près de 60 galeries, institutions et acteurs clés de la céramique contemporaine, dans une scénographie unique.
Fort du succès des deux dernières éditions, le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris réitère ce partenariat fécond en demeurant associé au Jury. Il décernera un Prix à l’un·e des lauréat·es de l’Art Prize qui offrira la possibilité au.à la lauréat·e de présenter l’une de ses œuvres au Centre à Paris en Saison 2027.
Pour cette édition 2026, participeront plus de 70 exposant·e·s internationaux près de 200 artistes.
L’Espagne sera le pays invité, dans le cadre de EUROPALIA ESPAÑA 2025-26.
Une exposition collective valorisera une dizaine de créateur·ices sélectionné·es, à la faveur de l’appel à candidature de l’Art Prize, visant à mettre en valeur la vitalité et la diversité de la pratique contemporaine de la céramique, à soutenir la création contemporaine et à stimuler de nouveaux échanges entre les artistes, les institutions, les galeries et le public.
Parmi les galeries belges représentées, citons : Galerie Esther Verhaeghe, Galerie Christine Colon, Galerie Fontana, Jonathan F. Kugel, La peau de l’ours, Lancz Gallery, Laurentin Gallery, Puls ceramics, Sorry We’re Closed, SPAX Projects, Spazio Nobile, Delville Oriental Art.
Dans le paysage complexe du financement européen de la recherche et de l’innovation, réussir une proposition de projet relève tant de l’excellence scientifique que d’une maîtrise fine des attentes de la Commission européenne.
Dans le paysage complexe du financement européen de la recherche et de l’innovation, réussir une proposition de projet relève tant de l’excellence scientifique que d’une maîtrise fine des attentes de la Commission européenne. Lors de l’European Cyber Week, organisée à Rennes (France), un atelier pratique organisé par le service Recherche et Innovation de Wallonie-Bruxelles International a permis de mieux préparer les candidats au dépôt de telles propositions.
« L’idée est d’apporter des informations concrètes et pertinentes aux chercheurs francophones présents à cette semaine de la cybersécurité », souligne Adrien Sellez, Conseiller scientifique et académique de WBI en France. « Mais aussi de leur permettre ensuite de dialoguer et pourquoi pas, d’imaginer ensemble le montage d’un projet à soumettre dans le cadre des appels 2026-2027 du programme Horizon Europe en cybersécurité ».
Avec l’aide de Cyberwal, l’initiative d’innovation stratégique wallonne dédiée à la cybersécurité, et l’Awex, l’Agence wallonne aux exportations et investissements étrangers, il est à l’origine de cette rencontre entre francophones : des Français, bien évidemment, des Wallons et des Bruxellois, mais aussi des Suisses et des Québécois.
Bien comprendre les critères d’évaluation
Comment bâtir un consortium crédible de partenaires et structurer une proposition solide afin de maximiser ses chances de succès lors de l’évaluation ? « Un élément souvent négligé dans le montage d’un dossier européen se révèle essentiel », pointe Philippe Massonnet, du Cetic, le Centre d’excellence en technologies de l’information et de la communication basé à Gosselies. « Il s’agit de la bonne compréhension des critères d’évaluation des propositions par les experts de la Commission. »
Avant d’examiner les projets, les évaluateurs reçoivent une courte formation accessible publiquement. Elle expose les questions précises auxquelles ils devront répondre. Pour les porteurs de projet, cette transparence constitue un avantage stratégique : consulter ces documents permet d’anticiper les attentes des experts et d’y répondre explicitement dans la proposition. « Si l’évaluateur trouve la réponse dans votre texte, son travail est facilité », résume Philippe Massonnet.
Tactique budgétaire et résultats attendus
Le premier niveau de réflexion concerne le budget. Chaque appel à projets fixe un budget global et recommande une fourchette indicative pour chaque proposition. Un exemple évoqué illustre bien l’enjeu : un appel doté de 30 millions d’euros suggère des projets entre 14 et 16 millions. Toutefois, la réglementation impose que le financement total ne dépasse pas l’enveloppe disponible. Ainsi, si deux projets classés en tête demandent chacun 16 millions, le second sera automatiquement écarté. La tactique consiste dès lors à viser le bas de la fourchette, afin de rester finançable même si un concurrent se place devant. Une règle tacite, mais importante.
Autre point central : les « expected outcomes » ou résultats attendus. Les appels définissent souvent plusieurs options, dont une au moins doit être couverte par les candidats. Faut-il en cibler une seule ou plusieurs ? La réponse dépend du consortium et du potentiel d’impact. Se disperser peut affaiblir la proposition si les partenaires n’ont pas les compétences pour couvrir plusieurs objectifs. « À l’inverse, un ciblage clair peut renforcer la cohérence et la crédibilité scientifique », estime M. Massonnet. « Ces appels, parfois très ciblés, exigent une correspondance précise avec des problèmes de recherche bien définis : détection de menaces cyber, amélioration des temps de réponse automatisés, renforcement de l’authentification… Autant d’exemples démontrant que le vague ou les généralités sont rédhibitoires. »
Un vocabulaire à maîtriser
La Commission utilise une terminologie très codifiée : « objectives », « results », « research outputs », « outcomes », « impact »…. « La distinction entre 'outcome' et 'impact' est particulièrement importante », précise le représentant du Cetic. « Les 'outcomes' concernent les effets directs sur une communauté cible définie, tandis que l’'impact' renvoie aux transformations plus générales et à long terme sur la société, l’économie ou la science. Les propositions doivent articuler ces niveaux et montrer comment les résultats scientifiques, les activités de dissémination et les actions d’exploitation conduisent à des changements réels ».
La structure des propositions reflète cette logique : excellence scientifique, impact, puis mise en œuvre. Les différentes parties doivent dialoguer entre elles : les « work packages » doivent renvoyer explicitement aux objectifs. Les livrables doivent démontrer comment ils contribuent aux « outcomes ». Et les activités de communication doivent s’adresser à des publics cibles bien identifiés. La cohérence générale est scrutée avec attention.
Aligner science et politiques européennes
Un autre aspect clé consiste à relier le projet aux grandes priorités politiques de l’Union. La Commission fournit des documents qui montrent la chaîne logique entre résultats de projets et objectifs stratégiques européens.
Se limiter à répéter le texte de l’appel est insuffisant : les porteurs doivent montrer comment leur projet s’inscrit dans une vision plus large, souvent peu détaillée dans l’appel lui-même. Cette capacité d’alignement renforce la crédibilité et la pertinence du dossier.
Les critères d’évaluation : un triptyque exigeant
Les propositions sont jugées selon trois axes : excellence scientifique, impact, et qualité de la mise en œuvre. Dans la section « excellence », les évaluateurs examinent la clarté des objectifs, leur pertinence, leur caractère mesurable et réaliste, ainsi que la capacité du projet à faire progresser l’état de l’art. Sans innovation réelle, même un impact fort ne suffit pas.
« La méthodologie scientifique doit être rigoureuse, bien fondée et parfois interdisciplinaire. Dans des projets mêlant cybersécurité, droit ou éthique, il faut expliquer comment ces disciplines collaboreront concrètement. Les dimensions de genre, d’open science et de gestion responsable des données (conforme au RGPD) prennent une importance croissante », précise encore le spécialiste.
La section « impact » interroge la crédibilité des changements annoncés, l’identification des obstacles et des plans de mitigation, et surtout la pertinence du public cible. Plus ce public est identifiable, mieux l’évaluateur peut croire à l’efficacité des actions proposées. Un exemple est donné : en cybersécurité hospitalière, travailler avec des groupes de patients clairement établis renforce la validité de l’approche.
En somme, réussir une proposition européenne exige tant une maîtrise scientifique qu’une compréhension fine du processus administratif et politique. Une démarche méthodique, cohérente et ancrée dans les priorités européennes reste la clef pour transformer une idée de recherche en un projet financé.
Ne pas oublier les tableaux
Un dernier conseil ? Il vient du Pr Jean-Yves Marion, de l’Université de Lorraine. Il a eu l’occasion de voir les deux facettes des projets européens. D’abord comme scientifique impliqué dans un consortium, ensuite comme expert européen pour des projets à évaluer.
« Quand on doit évaluer une proposition, des tableaux récapitulatifs sont précieux », dit-il. « Il ne faut pas supposer que l’évaluateur est un super esprit qui connaît tout. »
Au terme de l’atelier, les spécialistes « cyber » francophones se sont retrouvés mieux armés pour imaginer des projets à déposer ensemble. Sept appels « cyber » seront proposés en 2026 et 2027 par la Commission européenne.
Article rédigé par Christian Du Brulle pour la plateforme Daily Science.